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Le bois noir est une maladie de la vigne aux symptômes analogues à ceux de la flavescence dorée. Comme pour la flavescence dorée, l’agent responsable de la maladie est un phytoplasme – une sorte de bactérie sans paroi- qui vit dans les vaisseaux du liber.

Depuis quelques années, face à la recrudescence de cette maladie dans différents vignobles en France et en raison des difficultés que cela engendre dans la gestion de la lutte contre la flavescence dorée, des suivis et expérimentations sont menés par différents organismes rassemblés au sein d’un groupe de travail, sous l’égide de l’IFV.

Des contaminations accidentelles par le vecteur

La transmission du phytoplasme à la vigne se fait de manière accidentelle lors de piqûres d’alimentation d’une sorte de cicadelle qui s’appelle Hyalesthes obsoletus. En effet, au contraire de la cicadelle Scaphoideus titanus, qui effectue son cycle  sur la vigne, Hyalesthes obsoletus ne survit pas sur cette culture. Les plantes qui hébergent cette « cicadelle » sont nombreuses, mais parmi celles qui ont de l’importance en France, il faut retenir la grande ortie ou ortie dioïque (celle qui est utilisée pour faire les tisanes et les purins…) et le liseron des champs.

Des larves qui vivent sur les racines de leurs plantes hôtes

Entre le début de l’automne de l’année n et la fin du printemps de l’année n+1, le vecteur passe successivement par 5 stades larvaires qui se déroulent dans le sol sur les racines et rhizomes de sa plante hôte. Les larves descendent graduellement dans le sol pour se mettre à l’abri du froid de l’hiver, puis remontent progressivement au printemps. Les larves ne sont pas ailées et ne peuvent se déplacer qu’à l’aide de leurs pattes.

Un vecteur qui aime la chaleur

De fin-mai à fin-juin, selon les régions, les années et la plante sur laquelle les larves se sont développées, apparaissent les premiers adultes, qui sont ailés. En effet, la « race » du vecteur qui a pour plante hôte le liseron des champs, vole avant ses congénères qui sont hébergés par l’ortie. Le vol dure jusqu’à mi-août/fin-août, toujours selon les régions et les conditions climatiques de l’été. Cet insecte originaire d’Anatolie ou peut-être des îles Canaries, aime bien la chaleur et le vol sera d’autant plus bref et l’essaimage d’autant plus important que l’été sera chaud et sec. De même, l’insecte montre une préférence pour les côteaux les mieux exposés, les sols les plus drainants et les micro-habitats comme les talus, les pieds des murets et les fossés secs. Cette préférence est d’autant plus marquée que l’année est climatiquement défavorable ou que la latitude ou l’altitude augmentent. Pour faire simple, l’insecte est présent sous sa forme adulte ailée du stade « fin floraison/début nouaison » de la vigne, au stade « début véraison ».
Seuls, les adultes peuvent transmettre le phytoplasme à la vigne par leurs tentatives de piqûres d’alimentation. Les plantes qui hébergent le vecteur ou plantes hôtes, sont aussi les plantes réservoirs du phytoplasme, à partir desquelles s’effectue la contamination des larves ou des adultes lors de leur alimentation.

Eliminer les plantes hôtes du vecteur, ortie et liseron des champs

Pour lutter contre la transmission du bois noir par le vecteur, il faut limiter sa présence dans le vignoble ou aux abords de celui-ci, en éliminant l’ortie ou le liseron des champs. Le travail du sol comme par exemple le labour avant l’hiver, est aussi indiqué pour exposer les larves au froid qui va les tuer. En tout cas, il est déconseillé dans la mesure du possible, d’intervenir en période de vol de l’adulte, ce qui peut favoriser le déplacement de l’insecte et par conséquent la dissémination de la maladie. De même, le fauchage de l’enherbement lorsque les plantes hôtes sont présentes au sein même de la parcelle, et plus particulièrement dans le cas de l’ortie, favorise le déplacement du vecteur. Dans une stratégie de non recours aux herbicides, l’entretien mécanique des sols conjugué à des enherbements semés est la seule technique pour limiter la présence du liseron ou de l’ortie dans les vignes.

Comment savoir laquelle des deux adventices héberge le vecteur ?

En 2007 et en 2008, nous avons commencé un travail de reconnaissance de la plante hôte associée au vecteur, en nous basant sur des analyses moléculaires du phytoplasme retrouvé dans la vigne et le vecteur. Pour la vigne, la présence dans pratiquement tous les vignobles étudiés, de deux isolats de phytoplasme, l’un relatif à l’ortie, l’autre relatif au liseron des champs, indique que la vection a pu se faire par les deux « races » de vecteur. Cependant, la dominance dans le vecteur de l’isolat relatif au liseron des champs, semble indiquer que pour les deux années d’études, la « race » dominante sur le terrain était celle hébergée par le liseron des champs. Elle indique aussi l’existence de variations interannuelles dans la niche écologique occupée par le vecteur. Il n’y a qu’en Alsace où nous avons observé une concordance pour le type d’isolat  trouvé dans la vigne et dans le vecteur, avec une écrasante majorité de l’isolat relatif à l’ortie.
Ce travail a permis d’orienter les observations de terrain visant à confirmer la présence de larves sur liseron des champs ou ortie en début de vol. Ainsi nous avons observé la présence de larves du vecteur sur ortie dans le Jura, dans la Drôme,  en Vaucluse, dans le Lot et bien sûr en Alsace, et sur liseron dans le Jura, en Côte d’Or, en Lozère et dans le Tarn. Sur l’ortie, les larves de dernier stade s’observent facilement à la base des tiges. Sur le liseron des champs, le comportement n’étant pas le même, il faut se munir d’une bêche et émietter la terre à la main pour trouver les larves sur les racines ou rhizomes à quelques centimètres de la surface du sol, souvent dans des cavités laissées par les vers de terre. La présence de substances cireuses blanchâtres produites par les larves, est un bon indice de leur présence.
Ensuite, une fois ce diagnostic effectué à la parcelle, il suffit de planifier la destruction des adventices…