Derniers résultats acquis

(Mise à jour août 2017)

Un programme amont en lien avec l’Université de Tours a été conduit pendant 4 ans pour évaluer l’efficacité fongicide d’extraits de sarments. Ces derniers contiennent en effet des composés phénoliques décrits comme disposant d’un potentiel anti-fongique. In vitro cette efficacité a été confirmée. Au champ, lorsque la pression parasitaire est faible, l’efficacité anti-fongique de l’extrait de sarment a été validée vis-à-vis du mildiou. Par contre, lorsque la pression devient importante, l’efficacité constatée, dans le cadre de stratégie classique de protection du vignoble, apparait insuffisante. Suite à un travail commun avec l’Université de Tours le programme VitiActif a permis l’optimisation de l’efficacité de ces extraits, même en situation de pression plus forte en améliorant la qualité et la quantité de polyphénols présents dans les extraits.   Le positionnement de produits présentant des efficacités intermédiaires est une réelle difficulté et nécessite une bonne connaissance des caractéristiques du produit. Les études finales ont démontré que des extraits issus de sarments d’autres cépages étaient de 2 à 20 fois plus concentrées en polyphénols d’intérêt, ces nouveaux extraits plus efficaces sont évalués in vitro et au champ.
Des produits de biocontrôle sont homologués pour contrôler le développement du botrytis (Armicarb®, Botector®, Serenade Max®…). Ces produits restent toutefois peu utilisés par le viticulteur. Un programme d’expérimentation est en cours afin d’identifier la manière d’intégrer ces produits dans les stratégies de protection. Au total, une douzaine de produits (homologués ou en développement) sont étudiés sur des plateformes d’essai en Gironde. En 2015 dans le Bordelais, la pression botrytis faible s’est très fortement accélérée dans les tout derniers jours avant la récolte. Dans ce contexte, aucun produit n’a montré une efficacité significative.
En 2015 et 2016, malgré une pression parasitaire faible, la plupart des produits n’ont pas montré une efficacité suffisante, mis à part une tendance positive pour l’Armicab et un produit à base de terpènes encapsulés. 2016 représente la première année de mise en œuvre de l’indicateur INRA appelé « Ciliberti » qui donne un risque de développement du Botrytis, basé sur des données de température et d’hygrométrie, pour mieux positionner certains produits de biocontrôle. L’objectif est la création d’un OAD à partir de cet indice.
Ces travaux sont complétés par des tests in vitro de différentes solutions de bio contrôle destinées à lutter contre le mildiou et le botrytis. Concernant cette deuxième maladie, une sélection de microorganismes présentant un intérêt a été réalisée.
Quant aux essais sur mildiou, ils ont permis d’évaluer l’efficacité de 5 solutions de bio contrôle : 2 extraits de polyphénols purs, un extrait brut de sarment et un extrait de robinier. Les résultats ont permis de confirmer l’intérêt des polyphénols de sarments vis-à-vis du mildiou et leur inefficacité, aux doses utilisées, sur Botrytis. Il faut cependant tester maintenant ces produits au champ.
Des produits à base de Silice sont testés depuis 2015 contre le mildiou et l’oïdium sur plusieurs sites IFV (Bordeaux, Nîmes, Gaillac) afin d’évaluer leur potentiel et leur positionnement. Les travaux se font en lien avec la société JADE qui travaille en amont sur la formulation et le mode d’action de la Silice pour protéger les cultures.
Dans le cadre d’un projet national (SWEET ; 2016-2018) qui vise à étudier l’effet des micro-doses de sucre pour protéger les plantes, l’IFV a mis en place des essais sur plants de vigne et au vignoble (Bordeaux) pour évaluer les efficacités sur mildiou, avec pour objectif de diminuer l’apport de produits fongicide (cuivre). En 2016, l’adjonction de micro-doses (100 ppm) de fructose à une faible dose de cuivre (150g/ha) n’a pas permis d’augmenter l’efficacité de la dose seule.

Sur le plan de la veille et de la communication, l’IFV maintien sa participation au Réseau Mixte de Transfert (RMT) ELICITRA. Ce Réseau a pour vocation d’organiser une réflexion entre filières sur les Stimulateurs de Défense de la Plante (SDP). L’IFV participe directement à la co-animation de l’axe 2 : « avancées dans la connaissance des réponses des plantes aux SDP en conditions de production agricole et des facteurs qui la conditionnent ».
Enfin, l’intérêt de l’argile kaolinite calcinée, en combinaison avec du Bacillus Thuringiensis (BT) est évaluée, pour lutter contre les tordeuses de la grappe. D’autres méthodes de biocontrôle sont également testées : entomopathogènes, trichogrammes, préparations à base de plantes et piégeage de masse. En 2016, l’argile n’a pas permis de limiter les dégâts de manière suffisante et d’apporter un gain d’efficacité significatif dans son association avec le BT. Les conditions sèches, après les vendanges, cette année-là, n’ont pas permis une efficacité satisfaisante des entomopathogènes.

Au cours de l’année 2016, le Consortium Biocontrôle s’est structuré. L’IFV est fortement impliqué dans ce projet. En particulier, L’IFV anime au niveau national le réseau « mildiou » des cultures. Ce réseau structure les capacités de recherche et d’expérimentation des différents partenaires : ARVALIS, FN3PT et VEGENOV afin de proposer aux firmes privées une plateforme d’expérimentation nationale dédiée aux biocontrôle.


Fiche pratique

Evaluation d'Huiles Essentielles pour lutter contre le mildiou. Lire

 
 
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