Derniers résultats acquis

(Mise à jour août 2016)

Identification des agents pathogènes responsables de dépérissements chez les jeunes plantes

Cette action menée depuis 2007 a permis d’identifier plusieurs maladies : BDA (Côtes-de-Provence Sainte-Victoire, Côteaux d’Aix-en-Provence, Bourgogne) lié à Neofusicoccum parvum, la verticilliose (Chablis, Sancerre) associée à Verticillium longisporum, un dépérissement lié au Phomopsis viticola (Sussex, Côtes-de-Provence Sainte-Victoire).
Un autre dépérissement a été observé dans le vignoble de Cognac. Il se traduit par des tigrures de feuilles et des nécroses sectorielles de couleur brune dans le rameau commençant à partir de bourgeons. Il est associé au champignon Diplodia mutila.
D’autres maladies ont été observées mais les causes ne sont pas encore connues. Notre travail consiste à les identifier. Pour la maladie sévissant dans le Jura, se traduisant par des symptômes similaires à la forme lente de l’esca dans sa première phase d’expression, il ne semble pas qu’elle soit due aux agents associés à l’esca/BDA car ils ne sont pas rencontrés sur tous les sites visités. Les analyses microbiologiques indiquent au contraire qu’elles seraient plutôt liées à des bactéries. Des analyses complémentaires réalisées par une technique d’empreinte moléculaire (SSCP) confortent ces résultats, elles indiquent que la communauté fongique est différente d’une parcelle à une autre alors que celle de nature bactérienne était similaire.

Identification du cycle biologique des Botryosphaeriaceae

Les travaux réalisés en France à partir des années 2000 ont montré : 1) leur propagation par voie aérienne, 2) le rôle des plaies de taille comme possibles voies de pénétration, 3) la période à laquelle elles sont contaminées (après la période des pleurs et suite à des pluies), 4) leur pénétration via les plaies occasionnées lors des opérations en vert ou d’événements climatiques. Ils se sont ensuite élargis sur d’autres phases et mettent en évidence : leurs sources d’inoculum (pycnides sur les chancres, les bois de taille et d’anciennes plaies, mycélium sur les sarments, les rafles), une période de sensibilité de la plante (floraison à la véraison) face à ces champignons.
Les analyses effectuées en 2014 et 2015 sur la mise au point d’une méthode de quantification de l’inoculum dans une parcelle, confirment ces résultats. Elles permettent aussi de préciser la période à laquelle les Botryosphaeria se retrouvent surtout sur les rameaux (à partir de la véraison). Ils se trouvent aussi dans leurs tissus ligneux dès le premier stade de prélèvement (stade G/H).
Elles montrent aussi la moindre sensibilité de la plante au stade de la floraison lorsque les inflorescences sont enlevées dès leur apparition suggérant ainsi une meilleure aptitude de la plante à se défendre.  Enfin, un outil basé sur la différentiation infraspécifique par PCR a été mis au point pour les deux espèces de Botryosphaeriaceae (Neofusicoccum parvum et Diplodia seriata) les plus souvent rencontrées dans le vignoble, il permettra de caractériser leur biodiversité.
Des travaux sont en cours pour mettre au point et développer un outil moléculaire qui permettra de co-localiser in planta les Botryosphaeriaceae et l’induction de marqueurs de défense de la plante aux mêmes sites.

Influence des facteurs environnementaux

Notre travail porte sur l’identification des facteurs abiotiques et biotiques (facteurs agronomiques, pratiques culturales) qui sont favorables à leur expression. Ces études initiées depuis de nombreuses années par différents organismes ont permis de montrer le rôle du climat et du sol sur l’extériorisation des symptômes foliaires. Plusieurs pratiques culturales (mode de conduite, densité de plantation, irrigation) sont aujourd’hui évaluées dans le Beaujolais et le Sud-Est de la France. Du fait de la durée des expérimentations mises en œuvre, il n’est pas possible de tirer de conclusions définitives sur de tels essais en 2015. Cependant, les premiers résultats permettent de mettre en évidence l’influence de quelques pratiques culturales sur l’extériorisation des maladies du bois, essentiellement l’eutypiose. Ainsi, la taille cordon est plus sensible à l’eutypiose. Pour l’esca/BDA, les résultats sont variables d’une situation à une autre et il est difficile de tirer une conclusion quant à l’influence de la taille sur ces maladies. La situation semble avoir plus d’importance que les modalités testées. La mise en relation avec les données agronomiques ne permet pas, pour cette année, de relier ces données aux taux de ceps atteints par les maladies du bois.
Par ailleurs, un modèle conceptuel explicatif des maladies a été réalisé au moyen d’une analyse bibliographique et la rencontre d’experts. Il a permis de proposer puis d’ordonner les différents facteurs impliqués dans ces maladies paraissant complexes. La construction de prototypes permettra ensuite de tester les itinéraires retenus.

Evolution de la vigueur et de la production des ceps en lien avec les symptômes de maladies du bois

Les recherches sur les maladies du bois s’intensifient actuellement sur le volet agronomique afin de mieux comprendre l’implication de l’état physiologique de l’hôte dans la prévalence des symptômes foliaires et de la mort des ceps. Peu de résultats existent actuellement quant à l’influence de facteurs agronomiques sur les symptômes ou la mort de ceps. L’objectif de notre étude est de décrire les dernières années de vie du cep, notamment de mieux caractériser l’impact des symptômes sur la vigueur et la production du cep. Cette étude réalisée sur deux parcelles de Cabernet-Sauvignon et une de Grenache situées dans la région PACA montre en 2014 et 2015 que pour les ceps conduits en taille courte, i) la plus petite unité d’expression des symptômes est le courson ou la baguette, ii) les deux formes d’expression (forme lente et sévère) peuvent être trouvées sur la même plante, iii) les symptômes surviennent par épisodes, c’est-à-dire le cep peut être atteint en plusieurs fois (courson après courson ou bras après bras),  iv) la survie des coursons symptomatiques (c’est-à-dire le devenir du sarment symptomatique) est variable d’une parcelle à l’autre ; toutefois les formes sévères meurent beaucoup plus que les formes lentes, v) la mortalité du courson est directement liée au symptôme foliaire et non pas à la présence d’un symptôme foliaire sur un autre courson du cep, vi) le comportement des parcelles face à la mortalité est variable selon les parcelles, vii) le taux de manquants constitue l’essentiel de la perte quantitative de la récolte.

Influence des mises en réserve dans le développement des maladies du bois

L’analyse des données de l’observatoire des maladies du bois en Alsace révèle une corrélation entre la prévalence de l’esca/BDA et la date de récolte. L’interprétation de ce résultat fait appel à la répartition du produit de la photosynthèse chez la vigne et pose l’hypothèse d’une implication de la mise en réserves dans le développement des maladies du bois. La fonction de mise en réserves a été citée par ailleurs comme étant susceptible d’intervenir dans le cas du dépérissement de la Syrah. Dans le domaine des dépérissements touchant les essences forestières, le niveau de mise en réserves peut aussi intervenir en tant que facteur explicatif. L’objectif de notre étude réalisée en 2014 et 2015 était d’étudier l’hypothèse du rôle éventuel de la mise en réserves sur le développement des maladies du bois esca/BDA. L’expérimentation a été menée sur six sites répartis dans cinq régions viticoles françaises (Alsace, Aquitaine, Beaujolais, Languedoc, Midi-Pyrénées). Elle a porté sur l’analyse de l’amidon, des sucres solubles et de l’azote, dans le bois sain prélevés à différents compartiments du cep (rameaux, coursons, tronc, point de greffe, porte-greffe, racines). L’analyse comparative de ceps n’exprimant pas de symptômes à ceux exprimant des symptômes et n’en exprimant pas l’année de l’expérimentation ne permet pas de révéler un lien possible entre l’expression des symptômes et la mise en réserve dans les conditions de l’expérimentation.

Les méthodes de lutte

Les travaux effectués dans le cadre de l’AAP Casdar (2010-2011) ont montré que la technique de greffe-bouture herbacée permettait d’obtenir des plants sans les champignons liés aux maladies du bois. Pour comprendre la vitesse à laquelle une parcelle saine serait réinfectée et de ce fait de connaître la nécessité ou non de produire des plants sains en sortie de pépinière, une parcelle a été implantée en 2013 dans le Sud-Ouest. Les analyses microbiologiques réalisées sur les greffes-boutures herbacées de Sauvignon/110R avant plantation révèlent bien leur absence contrairement aux plants traditionnels de même composition. Effectuées un an après la plantation, elles montrent la présence des Botryosphaeria dans les greffes-boutures herbacées.
Trois expérimentations (Languedoc, Champagne, Alsace) ont été mises en place pour comprendre le mode d’action de l’arsénite de sodium. Les analyses microbiologiques montrent son action sur le microbiote. Il diminue les populations des champignons de l’esca (Phaeomoniella chlamydospora, Fomitiporia mediterranea) et augmente celles des Penicillium, des Fusarium et des Trichoderma. Il diminue aussi celles des agents pathogènes au niveau des coursons, notamment celles des Botryosphaeriaceae.
Concernant l’étude, toujours en cours, sur l’identification des sources de tolérance aux agents de l’eutypiose et du BDA au sein des diversités génétiques de Vitis vinifera (clonale et variétale), elle a consisté à cribler les bases de données existantes pour bien annoter les régions du génome contenant les 5 gènes candidats, à cribler une population d’autofécondation de Savagnin pour la tolérance envers les Botryosphaeriaceae, à réaliser le phénotypage de 10 clones de divers cépages (Chenin, Sauvignon, Cabernet franc) après inoculation avec les Botryosphaeriaceae et à développer des outils de PCR quantitative.

Evaluation de l’impact œnologique et microbiologique

Initiée en 2014 et poursuivie en 2015 sur le cépage Melon de Bourgogne, cette action a permis, par comparaison de ceps symptomatiques et de ceps asymptomatiques, de montrer une perte de récolte estimée par le poids des grappes (-25 à -30 %) et de jus au pressurage (entre 7 % et 15 %), un retard de la maturation caractérisé par une baisse de la teneur en sucres, une augmentation de l’acidité totale, de l’acide malique et de l’azote assimilable et une fermentescibilité accrue.

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Description des symptômes des maladies du bois

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Dépérissement lié au Diaporthe
Le pied noir
La verticilliose

Maladies cryptogamiques du bois de la vigne

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