Derniers résultats acquis

(Mise à jour août 2017)

Dans le cadre du CASDAR VITINNOBIO, des points critiques ont été identifiés et priorisés (flavescence dorée, maladies du bois, gestion du mildiou et de l’oïdium, entretien des sols, pilotage de la fertilisation…). Ces points critiques sont issus de réflexions et de consultations ayant eu lieu au cours de diverses commission techniques régionales (Midi-Pyrénées et Aquitaine) ou nationale (commission viticole IFV/ITAB) ou dans le groupe de travail formé par le projet VITINNOBIO (Bourgogne). La phase de recherche de solutions potentiellement innovantes a débuté par des rencontres de viticulteurs pour échanger sur leurs pratiques viticoles. En 2015, 53 viticulteurs ayant des pratiques innovantes ou atypiques ont été rencontrés par les différents partenaires du projet répartis sur trois zones de production : Aquitaine, PACA et Bourgogne. Ces rencontres se sont déroulées chez les viticulteurs pendant au moins deux heures et les différents points critiques identifiés par les groupes de travail ont été abordés, l’objectif étant de balayer au plus large les pratiques mises en œuvre sur l’exploitation afin d’avoir une vision d’ensemble et de comprendre les démarches techniques et intellectuelles des viticulteurs volontaires. A chaque rencontre, un document restituant les discussions et les points paraissant intéressants est rempli. Suite à ces rencontres et échanges, l’ensemble des restitutions a été étudié pour regrouper toutes les pratiques potentiellement innovantes détectées. Devant le nombre de pratiques et mises en œuvre remontées, un travail de tri et de priorisation a été fait. Il en ressort une grande disparité de pratiques entre les régions. Par exemple la taille Guyot-Poussard est fréquemment rencontrée dans les secteurs Aquitaine et Bourgogne alors qu’elle est totalement absente de la région PACA. Le potentiel innovant d’une pratique est donc assez régionalisé. Pour illustrer cette diversité de pratique, un livret regroupant les pratiques observées a été réalisé afin de partager les idées. Certaines pratiques paraissant avoir un potentiel de transférabilité et répondant à une impasse technique font l’objet d’une analyse plus approfondie.
La méthode d’analyse est basée sur 2 axes principaux : les critères de satisfaction du viticulteur et des critères génériques issus du CASDAR RéfAB. L’objectif de ce travail d’analyse est de fournir au futur lecteur les informations nécessaires pour envisager sa mise en œuvre sur son propre domaine.  Pour cela une description détaillée de la pratique est rédigée comprenant la méthode, les points de vigilance à retenir et les pistes d’amélioration envisagées par le viticulteur à l’origine de la pratique, s’il y en a. L’idée est également de fournir des indicateurs clé tels que le temps de travail nécessaire à la mise en œuvre, le niveau de risque pris (estimation du viticulteur), l’investissement financier, les retombées pouvant être attendues… Toutes ces données issues de l’appréciation du viticulteur sont confrontées à la bibliographie technique et scientifique existante (quand il y en a) afin de compléter les dires viticulteurs.

Désherbage mécanique

En parallèle de ce travail de recherche d’innovations, des essais préliminaires d’évaluation ont été réalisés dans le cadre de démarches régionales telles que l’étude de matériels adaptés au désherbage mécanique ou l’enherbement maîtrisé en Midi-Pyrénées avec le robot Vitirover ©.
Au cours la saison 2016, l’utilisation du robot de tonte Vitirover© en conditions réelles a permis d’identifier les améliorations nécessaires. De conception légère pour répondre à une problématique d’autonomie, il s’est avéré durant la campagne 2016 trop fragile pour être laissé seul dans les parcelles. Des travaux sur la robustesse, mais aussi sur la puissance développée par le robot devraient permettre d’aboutir à une nouvelle version plus adaptée aux contraintes du travail dans les vignes. L’objectif de ces évolutions est que le robot ait une meilleure capacité de coupe pour améliorer le débit de chantier et passer moins de temps en manœuvre sur des zones trop herbeuses. 
En attendant ces évolutions, des travaux seront mis en place pour identifier la hauteur et la fréquence de tonte optimale avec un robot. En effet, l’hypothèse qui justifie de s’intéresser à l’entretien d’un couvert total avec un robot est qu’une fréquence de tonte supérieure à celle d’un tracteur permettrait de limiter la concurrence hydro-azotée. A valider à partir de 2017.
Par ailleurs, en 2016, nous avons testé la première version du robot Ted de la société Naïo Technologies, pour le désherbage mécanique du cavaillon. Si la performance n’a pu être évaluée qu’en fin de saison sur des rangs déjà travaillés, le résultat est très encourageant, tant sur le type de travail réalisé que sur la douceur de l’opération avec le robot vis-à-vis des pieds de vigne.

L’implantation d’un couvert végétal sur les inter-rangs de vigne est une pratique agro-écologique susceptible de rendre de nombreux services écosystémiques comme la réduction du transfert des polluants vers l’environnement et l’amélioration de la fertilité des sols mais également la réduction d’utilisation des herbicides dans les situations conventionnelles. Cependant une concurrence hydro-minérale forte vis-à-vis de la vigne peut s’exercer, particulièrement pour l’azote dans les conditions pédoclimatiques du sud-ouest. Cette concurrence peut se traduire par des niveaux bas d’azote assimilable dans les moûts, pouvant nuire à la qualité organoleptique du vin, voire par une pénalisation de la vigueur et des rendements ne permettant pas d’atteindre les objectifs de production visés.

Engrais verts

Des modalités d’enherbements innovantes avec utilisation d’engrais verts ont été mises en place afin de mieux caractériser le pilotage de cette technique en viticulture et son incidence sur la vigne. Deux dates de semis (précoce : fin sept. / tardive : fin oct.), deux dates de destruction (précoce : mi-avril / tardive : fin avril) ainsi que deux mélanges d’engrais verts (féverole-orge / triticale-vesce-trèfle incarnat GSH) ont été testés en 2015-16.
Les quantités d’azote piégées et donc les restitutions potentielles sont plus importantes avec les dates de destruction tardive en lien avec l’augmentation de biomasse des couverts. Le couvert GSH donne des restitutions potentielles en azote les plus importantes en lien avec la forte proportion de légumineuses à la destruction (88-100% selon les modalités). A floraison, la combinaison semis tardif et date de destruction  précoce est la plus favorable à un bon statut azoté des plantes. Au stade fermeture de grappe, à l’inverse des résultats obtenus à floraison, ce sont les modalités avec une date de semis précoce qui ont les meilleurs statuts azotés. A la véraison, les plantes de la modalité GSH ont un meilleur statut azoté. On observe également un effet date de destruction sur le couvert GSH avec un meilleur statut azoté sur la date de destruction précoce. La contrainte hydrique tend à être plus importante lorsque la date de semis et la date de destruction sont plus tardives.
Les teneurs en azote ammoniacal et assimilable des baies sont significativement supérieures sur les modalités ayant reçu le couvert GSH (+10%). Pour les deux types de couvert, les teneurs en azote assimilable tendent à être supérieures en moyenne dans le cas d’un semis tardif et d’une destruction précoce.
Les paramètres de pilotage de ce type de couvert les plus favorables semblent être une date de semis précoce couplée à une date de destruction précoce avec un avantage pour le couvert triticale-vesce-trèfle incarnat en lien avec une meilleure biomasse aérienne et une part plus importante en légumineuses. Ces résultats seront confirmés par une année supplémentaire d’expérimentation.

 

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