Xavier de Volontat représente l’ensemble de la production viticole nationale en sa qualité de président de l’AGPV qui regroupe CNAOC, CCVF, CFVDP et VIF. Dans une interview accordée à l’IFV, il explique le sens de l’accord signé, en 2009, par l’AGPV et la Fédération Française de la Pépinière Viticole (FFPV) pour la gestion de la marque ENTAV-INRA® sur les plants de vigne. Cet accord prévoit notamment une redevance de 8 € pour 1000 plants partagée pour moitié par le pépiniériste et le vigneron. Cette redevance finance les travaux sur la sélection de la vigne, et ce en remplacement de la taxe parafiscale sur les bois et plants de vigne supprimée à partir de 2005.
Quel est l’intérêt pour les vignerons de demander des plants sous marque ENTAV-INRA® ?
Xavier de Volontat : Cela leur permet avant tout d’avoir une garantie dans la qualité des plants. Quand on sait qu’une plantation engage le vigneron sur plusieurs dizaines d’années, c’est rassurant. Au travers de la marque ENTAV-INRA®, les vignerons doivent savoir qu’ils vont bénéficier des avancées de la recherche et de l’innovation sur le matériel végétal. La recherche constitue un enjeu majeur dans la production de cépages de qualité. Il ne faut jamais oublier que notre métier de vigneron commence à la vigne. Sans bons plants, on n’a pas de bonnes vignes. Sans bonnes vignes, on n’a pas de bons raisins. Sans bons raisins, on ne fait pas de bons vins. Et sans bons vins, on ne peut pas gagner de marchés ! Le schéma paraît simple mais il faut le rappeler de temps à autres aux vignerons.
Quelles sont les attentes des vignerons dans le domaine de l’innovation et de la création végétale vigne ?
Xavier de Volontat : Il y a d’une part le problème des maladies du bois qui est très présent dans le vignoble et préoccupe les vignerons pour leurs plantations. Ils ont besoin que les recherches avancent dans ce domaine. Les vignerons attendent aussi des cépages plus tolérants aux maladies de la vigne et qui leur permettraient de moins traiter avec des produits phytosanitaires. C’est un enjeu important pour le respect du consommateur et la protection de la faune et de la flore de nos terroirs. Ils ont également besoin de cépages moins riches en sucre, plus adaptés au goût du consommateur et à l’évolution du marché ainsi que de nouvelles variétés de vignes pour faire face au changement climatique.
En achetant des plants sous marque ENTAV-INRA®, les vignerons doivent reverser 4 € pour 1 000 plants qui vont bénéficier à la recherche sur le matériel végétal. Cet effort est-il bien perçu par les vignerons ?
Xavier de Volontat : Voir au bas d’une facture une taxe supplémentaire, surtout en période de difficulté économique, peut laisser perplexe. Mais les vignerons savent que l’avenir du vignoble passe par l’innovation et la recherche sur le matériel végétal. Ils ont conscience également qu’ils doivent participer à cet investissement dans la recherche pour assurer dans les années à venir l’amélioration nécessaire du vignoble. Quand un vigneron plante une vigne, il sait que ce sont ses enfants qui vont en profiter. Et la qualité des plants garantie l’avenir des vignerons. Les investissements dans la recherche et l’innovation ne sont pas toujours perçus immédiatement par le vigneron. Mais les plants sous marque ENTAV-INRA® nous permettent d’obtenir des clones d’une grande qualité, de bénéficier de la création d’un matériel végétal innovant et de pérenniser ainsi notre outil de production.
Cet investissement dans la recherche et l’innovation sur le matériel végétal est d’ailleurs un effort partagé par le vigneron et le pépiniériste ?
Xavier de Volontat : C’est vrai, c’est un paramètre qu’il ne faut pas oublier. Chacun d’eux verse 4 € pour 1000 plants à la recherche et à l’innovation. Cet effort partagé paritairement entre le pépiniériste et le vigneron montre que tout le monde est dans le même train et avance dans le même sens. Compte tenu des enjeux en cours sur la production de cépages adaptés au marché et aux défis de la viticulture de demain, cette somme de 4 € pour 1000 plants n’est pas énorme finalement.
(Propos recueillis par Régis Cailleau, IFV)